Accueil > Présentation > Histoire > XIX (suite)

2ème moitié du XIXème siècle (suite)

« Depuis toujours, les fleuves ont ouvert une voie de pénétration facile dans les territoires anciens. Le chemin fluvial, ici la Garonne, favorisa la circulation et l'échange de biens matériels. Mais la création de la route nationale et ensuite celle des chemins de fer, ont réduit à presque rien le rôle de la Garonne et bouleversé toutes les données si stables pendant des siècles. »

(Olivier Coussillan)


Le chemin de fer : 31 mai 1855 à Saint Médard d'Eyrans

 

La voie ferrée (extrait d'une carte postale ancienne)« Napoléon III, Second Empire : le grand bond en avant de l'économie française :

Louis-Napoléon se présentait volontiers comme un faiseur de miracles, seul capable par sa magie politique d'arracher la France à son inertie et aux vieux démons de la Révolution. L'Empereur comptait sur une nouvelle donne économique pour installer durablement le nouveau régime. Son pouvoir trancha en faveur du chemin de fer, écartant le plan concurrent des canaux, pour achever rapidement l'unification du marché national.


Par une politique de fusion des lignes concédées, il arbitra un partage des zones de trafic et procéda à l'intégration de tronçons, jusque-là isolés, dans un réseau cohérent.


En 1852, le chemin de fer avait construit 3870km de voies ferrées en France ; en 1870 on comptait 17000km de voies. »

 

C'est ainsi que le tronçon gare St Jean-Langon (traversant Saint Médard) fut mis en service le 31-05-1855, prolongeant celui de Langon-Tonneins construit précédemment et inauguré le 04-12-1853, alors que Tonneins n'était relié à Valence d'Agen via Agen que le 29-05-1856.

 

C'est la compagnie des chemins de fer du Midi et du canal latéral à la Garonne qui établit ainsi la ligne BORDEAUX-CETTE (Cette aujourd'hui est écrit Sète).

 

Le maire de l'époque, M.Despiot, accepta la notice descriptive du tracé du chemin de fer, qui outre l'apport économique dont les Saint Médardais allaient bénéficier, changea significativement la vision paysagère du village et probablement certaines habitudes :

  • la voie ferrée fut placée sur un remblai de 3m à 4,33m de hauteur selon le profil ;
  • 4 passages à niveau furent mis en place avec les maisons pour les garde-barrières qui relevaient et abaissaient manuellement les barrières (il n'en reste que 2 en fonction, et la maison située près de la gare a été rasée vers 1997) ;
  • des fossés furent détournés ;
  • un pont de 4m fut construit pour franchir un ruisseau ;
  • des chemins ruraux furent coupés ;
  • 2 chemins latéraux furent mis en place ;
  • des routes et des chemins furent déviés ;
  • une gare fut construite au centre du bourg de l'époque.

Plus tard, un embranchement particulier sera créé dans le prolongement de la gare ainsi qu'un quai surélevé avec rampe d'accès pour charger et décharger : une trentaine de personnes travailleront là. Des transporteurs viendront de tous les environs utiliser ce quai exceptionnel dans la région.

 

Le terrain facilite l'aire de stockage des poteaux de mine en pin des Landes. Plus tard, il permettra aussi le stockage de films de plastique, de pneus (qui servirent …la contrebande !!!). Des entreprises choisiront de s'installer sur le village du fait de ces facilités.

 

Un siècle sépare le TGV de la locomotive à vapeur En 1989, la ligne T.G.V. Atlantique est inaugurée et mise en service : le train à grande vitesse passe mais ne s'arrête pas à Saint Médard d'Eyrans.
Vers 1991, les petites gares sont désaffectées, la nôtre sera rachetée par la municipalité qui la réhabilite en « Maison des Jeunes et des associations », la gare est remplacée un peu plus loin par un point d'arrêt non géré (PANG). Aujourd'hui 14 trains prennent et déversent des voyageurs quotidiennement (un peu moins le week-end).

 

La route nationale fut la première voie transversale qui coupa notre village, délimitant une zone viticole à l'ouest ; la voie ferrée fut la deuxième voie, parallèle à la précédente : elle sépare pratiquement le cœur du bourg d'une zone inondable à l'est.

La 1ère usine à SAINT MEDARD d'EYRANS

L'usine Beaumartin profite de l'avènement des moyens de communication et de la voie ferrée.

 

Vue aérienne de l'usine à cette époqueL'origine de la société anonyme des établissements Beaumartin remonte à 1850. Propriétaire d'un domaine forestier dans les Landes, elle lutte contre le dépérissement des bois et s'intéresse à la conservation industrielle des poteaux de mine, en pin, qu'elle fournit à l'Angleterre.

 

Elle avait créée une 1ère usine à Pierroton en 1899, une 2ème en 1903 à Escalquens (Hte Garonne). Avec l'avènement des moyens de communication, elle élargit son champ d'action sur les traverses en chêne qui supportent les rails des voies ferrées, et les poteaux porteurs des câbles de distribution de l'électricité et des PTT (télégraphe et téléphone).

 

En 1913, elle s'implante à Saint Médard d'Eyrans, le long de la voie ferrée sur l'axe important Paris-Bordeaux-Sète, profitant d'un embranchement particulier qu'elle obtient en bout d'usine : dérivation d'une voie privée de 21km qui facilite les chargements et déchargements des bois.


traverses Protéger le bois contre son dépérissement, ou bien utiliser ses remarquables propriétés naturelles pendant un temps aussi long que possible, tel était le principe utilisé par la seule usine installée sur Saint Médard d'Eyrans au début du XXème siècle et qui donna du travail à la population du village pendant plus d'un demi-siècle.

 

En 1949, une centaine d'ouvriers travaillaient là (souvent petits agriculteurs qui cherchaient un complément de revenus) : le coltinage des poteaux et traverses se faisaient à l'épaule, travail ardu !

 

En 1956 les élévateurs facilitèrent ces manœuvres, mais supprimèrent 50 emplois, en 1970 ils n'étaient plus qu'une douzaine d'employés, bois des poteaux et traverses étant remplacés par le béton.

 

Aujourd'hui, c'est l'entreprise Lyonnet qui a succédé à la société Beaumartin. Elle traite le bois en autoclave en employant…un seul homme ! La commune a racheté une partie des terrains pour agrandir l'école, le Cœur de Bourg s'est bâti dans le prolongement.


La Société Beaumartin, utilisa les techniques industrielles de l'époque contre l'action destructive des insectes xylophages et des microorganismes :

  • pour les poteaux, support en bois fraîchement abattus : injection d'une solution aqueuse de sulfate de cuivre
  • pour ceux séchés à l'air : immersion dans une solution aqueuse de bichlorure de mercure après réchauffage des bois à la vapeur, ou bien imprégnation en vase clos sous pression d'une solution aqueuse de sulfate de cuivre, de créosote (huile de goudron de houille).
  • pour les traverses sous rails : imprégnation de créosote après dessiccation à l'air libre.

Les anciens Saint Médardais se souviennent des émanations de créosote qui couraient alors sur le village !




Sources :

 

"Le grand bond en avant de l'économie française » par François Demier professeur à l'université de Paris X - Nanterre et à l'institut d'études politiques de Paris

Archives départementales de la SNCF

Mairie de Saint
Médard d'Eyrans

9 avenue du 8 mai, BP 7

33650 Saint-Médard d'Eyrans

 

TEL : 05 56 72 70 21

FAX : 05 56 72 69 24

 

Email